Le vertige agentique
Général d'armée (2S) Marc Watin Augouard, Fondateur & Guillaume Tissier, Directeur général
Édito
Avec l’émergence des systèmes agentiques, un nouveau chapitre de l’ère numérique s’ouvre.
Les systèmes ne se contentent plus d’exécuter des instructions : ils perçoivent, raisonnent, planifient et agissent. Ils interagissent entre eux, prennent des décisions et modifient leur environnement. L’intelligence artificielle devient un acteur à part entière.
Cette transition suscite un sentiment de vertige.
D’abord, un vertige technologique, car les capacités autonomes opèrent à une vitesse et à une échelle sans précédent. Puis, un vertige organisationnel, car les chaînes décisionnelles se fragmentent entre concepteurs, opérateurs et utilisateurs. Enfin, un vertige stratégique, car il faut constamment trouver un équilibre entre performance, sécurité et responsabilité.
Dans ce nouveau paysage, le rôle des humains est en pleine mutation. Les humains ne valident plus chaque action en temps réel. Ils définissent des règles, fixent des limites et supervisent des systèmes déjà en marche. Ils régissent des boucles décisionnelles qu’ils ne contrôlent plus directement.
Dans ce contexte, la cybersécurité elle-même doit évoluer.
Le défi ne se limite plus à la protection des systèmes ou à la sauvegarde des données. Il s’agit de sécuriser des entités artificielles capables de prendre des initiatives et d’agir. Celles-ci s’accompagnent de nouveaux risques : détournement d’objectifs, manipulation du contexte, propagation d’erreurs entre agents et comportements émergents imprévus.
Pour relever ces défis, la cybersécurité doit elle aussi devenir autonome, capable de détecter, d’isoler, de décider, de corriger et de s’adapter en permanence.
Le véritable défi n’est plus de maintenir l’humain au cœur de chaque boucle, mais de concevoir des systèmes autonomes dont les boucles restent contrôlables, explicables et fiables.
C’est ce vertige de l’autonomie que le Forum INCYBER Europe 2027 invite le monde entier à explorer.